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3 juillet 2014

Cropettes bis

Errante, inattentive,
mes pas retrouvent une trace gluante
sur ton chemin
et je me réjouis de ces miettes invisibles,
imaginaires,
que je suis et que je garde comme des souvenirs de demain
au creux de ma paume moite.

Je me retrouve à attendre la faim
parce que je t'y retrouve,
jaunâtre et docile
comme le premier soir,
inaltéré dans des souvenirs qui m'ont déjà échappés.

Si j'ai oublié ton arrivée,
c'est peut-être parce que
toi aussi,
tu as oublié mon départ,
mon départ statique et mendiant de mirages,
cette fuite intermittente
dans ces rues qui ne m'ont jamais appartenues.

Je suis toujours là
à attendre
le bruit de tes lèvres craquelant tendrement
sous ton sourire,
sur le bord d'un verre à moitié vide,
inertes ou mouvantes
comme un fantôme sur le lac,
à attendre ce regard noirci par l'aube
qui nous fouette en plein visage,
à attendre tout et rien et encore
et ta main suante dans la mienne.

Je suis là sur ce banc où je rêve et j'attends
la fin de la fuite à contrecœur. 

8 juillet 2013

Frissons

Pleurer l'incertitude,
Les fleurs prétendent être plus colorées que la quotidienneté
et la boîte musicale prétend être plus mélancolique encore qu'hier.
Mais en réalité,
Ce n'est que l'éternité du jamais et des larmes vides.
Le silence des cris transformés en sensation et des angoisses en forme de prière.
Des envahissements qui font que la chair s’envole pour nous laisser que comme des organes sans corps.
Tu te jettes dans le gouffre, mais le gouffre se jette avec toi ! Parler de néant serait trop naïf pour quelqu’un qui pense saisir la dureté du « rien ».