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3 juillet 2014

Cropettes bis

Errante, inattentive,
mes pas retrouvent une trace gluante
sur ton chemin
et je me réjouis de ces miettes invisibles,
imaginaires,
que je suis et que je garde comme des souvenirs de demain
au creux de ma paume moite.

Je me retrouve à attendre la faim
parce que je t'y retrouve,
jaunâtre et docile
comme le premier soir,
inaltéré dans des souvenirs qui m'ont déjà échappés.

Si j'ai oublié ton arrivée,
c'est peut-être parce que
toi aussi,
tu as oublié mon départ,
mon départ statique et mendiant de mirages,
cette fuite intermittente
dans ces rues qui ne m'ont jamais appartenues.

Je suis toujours là
à attendre
le bruit de tes lèvres craquelant tendrement
sous ton sourire,
sur le bord d'un verre à moitié vide,
inertes ou mouvantes
comme un fantôme sur le lac,
à attendre ce regard noirci par l'aube
qui nous fouette en plein visage,
à attendre tout et rien et encore
et ta main suante dans la mienne.

Je suis là sur ce banc où je rêve et j'attends
la fin de la fuite à contrecœur. 

1 avril 2014

EXTASE : Être-au-monde



Les vagues arrivent.
pas petites,
elles vont nous engloutir.

Nos yeux scintillent,
on dirait des marguerites.

On n'a jamais su comment les cœurs rivent.
Où ils jettent leurs ancres de Tanzanite.
le sang commence à sentir,

et les requins toujours déchirent.
Sans autre explication métaphysique.

Le sel de la mer alourdi le vent,
et l'on comprend

Tout devenir est naufrage extatique.

Nus,
frissonnants et sévères
Un dernier soupir jeté vers la terre,
Union chamanique.

Tes rames arrachent mes tripes,
volant
dans l'air ….

ce sont les papillons apocalyptiques
de cette verte mer 
des Juments.

Corps désintégré en eau 
se révolte tout haut,
en douceur anarchique

et en chaos bizarrement toujours harmonique.

Les éparpillements de mes sentiments
explosent
dans l'extase
que m'impose
l'extérieur.

Ça pique.



27 décembre 2013

Lullaby blues




Darling, forget that people is going wild out there.
Let's get warm in here and be calm and quiet.
Oh darling, darling!
Let's forget the future, and that there's no one to go to.
Oh! Put your arms around my waist, darling and let's wash the restless pain on your feet.

Oh baby, please, please forget that they are killing each other out there.
Come to bed and don't cry no more for this rotten world. Oh! Oh!
My body will continue to keep you company in this cold winter night.
Sleep well darling dream that people is kind and love
 is not only in bed. Oh!!! 
Good night baby. I can't help but cry.
Sleep to rest and continue the fight.
Baby, baby, let's forget that everything is bad out there.

21 février 2013


Ce sont les racines que tu as incrustées dans mon corps. Ce sont ces tripes, mes tripes qui crient et chantent.
Que je veuille respirer ta peau et avaler ton souffle. Faire comme si je n’écoutais pas la dissolution gutturale qu’apporte avec soi un écho déjà à moitié oublié.
Que ta voix soit des promenades dans des bois qui me racontent des histoires. Que je sente l’humidité transpercer l’air. Pouvoir nous couvrir le soir venu avec un manteau de brouillard et disparaître puérilement et que tu me réveilles pour voir le jour avec ta main faite rosée.
L’étoile n’est pas lointaine quand l’abîme n’est pas vide.
Tu n’es pas mon monde. Ton amour est monde. Mon amour est racines.
Passer une nuit froide ou une nuit chaude, dans la rue ou dans un lit deux places, seule ou mal accompagnée. Dans une place locale à fumer et voir le ciel ou dans un coin à boire et voir le sol sale. peu importe. Transfiguration du réel et du sentir, angoisse cristallisée de déconstruction.
Que le sillage soit réel.

1 octobre 2012

sans distance

[L’incandescence danse sur le bout de mes cils.
Retour au silence créateur.
L’instant est inattentif
Et se défait doucement sous ma langue.
La pensée n’est que vent quand on traverse les portes triangulaires.]

Ne plus te revoir.
Ou alors vivre dehors,
Sans vue ni parole
Dans un désert nu et tiède
Au gout de lait étoilé.
Sans peur et sans lâcheté.
Je suis la peau du rêve,
Étendue sur les plages de ton souvenir,
Le royaume sans symétrie.

ff
Je
Veux
Te
Revoir
Te regarder longuement dans l’obscurité bleuâtre de l’oubli.
Ton corps n’est plus qu’une pellicule passée au mixeur,
Fermentée dans mon souvenir et dans les labyrinthes du rêve.
 Je veux devenir aveugle et sourde
Et rafraichir ma mémoire, ma peau contre la tienne,
Suspendues dans le silence fertile où l’âme voyage vers elle-même.
Laisse-moi entendre les échos de ma voix dans tes coquillages secrets,
Me perdre dans la tendresse irrévocable qui me suspend dans le vide,
Comme un pont suspendu sur l’abime aquatique qui me sépare de toi.
Ces murs sont muets, ces draps ne te connaissent pas.
De mes oreilles s’évaporent les mots qui ont migré de ta bouche,
Vaporeux et flottants, glissant dans des tunnels curvilignes
Qui se jettent dans ma poitrine absente, si éloignée de toi.
L’invocation est en vain,
Les placards du sentiment attendent impassibles dans le lointain
Où mes mains ne peuvent pas ouvrir leurs portes,
Où mes doigts ne peuvent pas toucher ta peau.
Tu deviens un vieux port de nostalgie,
Parfumé de reflets cuivrés et d’aubes tièdes.
Pas une seule bouche ne me parle de toi
Et je n’imagine pas leurs paroles non plus.
Je danse dans un exil austère.
Des vers entiers m’échappent et se submergent dans l’oubli,
Dans la sécheresse du désert glacé qu’est devenu mon corps.
Je te garde, tu remues, tu es vivant en moi
Sous des plafonds verts qui murmurent tes chants.

Et puis il y a un balcon, d’où je regarde.

Dans le gouffre de ton regard résonnent sans distance les échos gutturaux de…