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3 juillet 2014

Cropettes bis

Errante, inattentive,
mes pas retrouvent une trace gluante
sur ton chemin
et je me réjouis de ces miettes invisibles,
imaginaires,
que je suis et que je garde comme des souvenirs de demain
au creux de ma paume moite.

Je me retrouve à attendre la faim
parce que je t'y retrouve,
jaunâtre et docile
comme le premier soir,
inaltéré dans des souvenirs qui m'ont déjà échappés.

Si j'ai oublié ton arrivée,
c'est peut-être parce que
toi aussi,
tu as oublié mon départ,
mon départ statique et mendiant de mirages,
cette fuite intermittente
dans ces rues qui ne m'ont jamais appartenues.

Je suis toujours là
à attendre
le bruit de tes lèvres craquelant tendrement
sous ton sourire,
sur le bord d'un verre à moitié vide,
inertes ou mouvantes
comme un fantôme sur le lac,
à attendre ce regard noirci par l'aube
qui nous fouette en plein visage,
à attendre tout et rien et encore
et ta main suante dans la mienne.

Je suis là sur ce banc où je rêve et j'attends
la fin de la fuite à contrecœur. 

13 mai 2014

F(r)ictions


Tendresse.
Les jours où
naïveté n’est pas signe d’ignorance.
Et ton seul souffle est jouissance.

Trembler.
Frissons de ma chair,
à l'écoute du chuchotement de ton âme.

Nudité.
Forteresse de ronronnements.
Pendule (abîmée) entre mythe et déchirement.

Désir.
Cascade de lumière lunaire,
à l'ombre d'un figuier.
Et Toi : qui que tu sois.

Sexe.
Abîme sans étoiles.
Chemin de cicatrices.

Soupir. Lui. Ivresse.

Rêve.
Tissu troué
d'une brûlure de cigarette.
Étoiles entassées dans l'abîme.

Profondeur.
Odeur qui fait rougir ma peau,
Creuse-mon-coeur.

Caresse.
Sillage paresseux
d'une main faite d'air.
Fugue allongée.

Baiser, (le).
Abandon à l'ouvert.
Mouvement de contact avec le lointain.
éros-gène.

Silence.
Le drap sert de ciel
à ceux qui sous lui, pêchent,
à la corde d'un violon.

Salive.
C'est juste un petit escargot
Qui est passé par là.

Rencontre.
L'eau coule sous le pont,
toujours en caressant ses bases.

« Je est un autre » car l'Autre est passion,
Angoisses souriantes et insomnies d'illusion.

Fluidité,
C'est l'instant qui crée les racines.
C'est l'aube qui me donne nom.

1 avril 2014

EXTASE : Être-au-monde



Les vagues arrivent.
pas petites,
elles vont nous engloutir.

Nos yeux scintillent,
on dirait des marguerites.

On n'a jamais su comment les cœurs rivent.
Où ils jettent leurs ancres de Tanzanite.
le sang commence à sentir,

et les requins toujours déchirent.
Sans autre explication métaphysique.

Le sel de la mer alourdi le vent,
et l'on comprend

Tout devenir est naufrage extatique.

Nus,
frissonnants et sévères
Un dernier soupir jeté vers la terre,
Union chamanique.

Tes rames arrachent mes tripes,
volant
dans l'air ….

ce sont les papillons apocalyptiques
de cette verte mer 
des Juments.

Corps désintégré en eau 
se révolte tout haut,
en douceur anarchique

et en chaos bizarrement toujours harmonique.

Les éparpillements de mes sentiments
explosent
dans l'extase
que m'impose
l'extérieur.

Ça pique.



16 mars 2014

.......

Je te garde en lumière
en miroitement
sous la paupière
je reste muette dans l'éclat de ton souvenir
je te dessine en pointillés
qui se perdent
(et se retrouvent ?) autrepart
loin
plus loin
au lointain
dans ma petite boîte de lumière.

Je te garde en pénombre
en nuage diffuminé
en roche et en charbon et en brouillard
et dans la petite boîte
le brouillard recouvre tout
le soleil
le chemin
la nuit
comme un rideau qui m'entoure sans jamais me toucher
je ne te touche plus
je ne touche pas à toi
je touche le gris du soir et je lui murmure à peine
je murmure à la pénombre feutrée
et elle me ramène
autrepart
sur des arbres dénudés d'où je touche les étoiles.

Je te garde dans le noir
dans l'espace
dans le rien
comme un brasier sans feu
comme un souvenir d'été
et je chante en m'éloigant
plus proche
toujours plus proche
dans la gorge du corbeau
dans l'attente de l'aube
je chante et je m'éloigne
je suis les pointillés
autrepart.

27 décembre 2013

Lullaby blues




Darling, forget that people is going wild out there.
Let's get warm in here and be calm and quiet.
Oh darling, darling!
Let's forget the future, and that there's no one to go to.
Oh! Put your arms around my waist, darling and let's wash the restless pain on your feet.

Oh baby, please, please forget that they are killing each other out there.
Come to bed and don't cry no more for this rotten world. Oh! Oh!
My body will continue to keep you company in this cold winter night.
Sleep well darling dream that people is kind and love
 is not only in bed. Oh!!! 
Good night baby. I can't help but cry.
Sleep to rest and continue the fight.
Baby, baby, let's forget that everything is bad out there.

8 juillet 2013

Frissons

Pleurer l'incertitude,
Les fleurs prétendent être plus colorées que la quotidienneté
et la boîte musicale prétend être plus mélancolique encore qu'hier.
Mais en réalité,
Ce n'est que l'éternité du jamais et des larmes vides.
Le silence des cris transformés en sensation et des angoisses en forme de prière.
Des envahissements qui font que la chair s’envole pour nous laisser que comme des organes sans corps.
Tu te jettes dans le gouffre, mais le gouffre se jette avec toi ! Parler de néant serait trop naïf pour quelqu’un qui pense saisir la dureté du « rien ».

21 février 2013


Ce sont les racines que tu as incrustées dans mon corps. Ce sont ces tripes, mes tripes qui crient et chantent.
Que je veuille respirer ta peau et avaler ton souffle. Faire comme si je n’écoutais pas la dissolution gutturale qu’apporte avec soi un écho déjà à moitié oublié.
Que ta voix soit des promenades dans des bois qui me racontent des histoires. Que je sente l’humidité transpercer l’air. Pouvoir nous couvrir le soir venu avec un manteau de brouillard et disparaître puérilement et que tu me réveilles pour voir le jour avec ta main faite rosée.
L’étoile n’est pas lointaine quand l’abîme n’est pas vide.
Tu n’es pas mon monde. Ton amour est monde. Mon amour est racines.
Passer une nuit froide ou une nuit chaude, dans la rue ou dans un lit deux places, seule ou mal accompagnée. Dans une place locale à fumer et voir le ciel ou dans un coin à boire et voir le sol sale. peu importe. Transfiguration du réel et du sentir, angoisse cristallisée de déconstruction.
Que le sillage soit réel.

17 janvier 2013

la femme triangulaire.

elle est, dans les espaces, perspective d’envolées.
de vent elle remplit places et carapaces
et de ses audaces tresse des plaines dorées.
elle est mon triangle d’abandon
solitaire en détresse je reste
immobile dans son souffle, dans ses vertèbres floues.

dans le sable elle danse à peine,
tellement elle est douce et fière,
réceptacle de prières à son avantage,
perdue dans les cieux pastels toujours plus clairs.

chez elle il fait jour, elle est la nuit
emplie de papillons enivrés de chair.
découpe tes silences, tendres miettes de tes lèvres,
montre moi les grisailles, les nuits, de tes yeux recouverts d’émail. Ah!

pour ma chère amie Léa, dans une nuit d’hiver arrivée à l’avance.

1 octobre 2012

sans distance

[L’incandescence danse sur le bout de mes cils.
Retour au silence créateur.
L’instant est inattentif
Et se défait doucement sous ma langue.
La pensée n’est que vent quand on traverse les portes triangulaires.]

Ne plus te revoir.
Ou alors vivre dehors,
Sans vue ni parole
Dans un désert nu et tiède
Au gout de lait étoilé.
Sans peur et sans lâcheté.
Je suis la peau du rêve,
Étendue sur les plages de ton souvenir,
Le royaume sans symétrie.

ff
Je
Veux
Te
Revoir
Te regarder longuement dans l’obscurité bleuâtre de l’oubli.
Ton corps n’est plus qu’une pellicule passée au mixeur,
Fermentée dans mon souvenir et dans les labyrinthes du rêve.
 Je veux devenir aveugle et sourde
Et rafraichir ma mémoire, ma peau contre la tienne,
Suspendues dans le silence fertile où l’âme voyage vers elle-même.
Laisse-moi entendre les échos de ma voix dans tes coquillages secrets,
Me perdre dans la tendresse irrévocable qui me suspend dans le vide,
Comme un pont suspendu sur l’abime aquatique qui me sépare de toi.
Ces murs sont muets, ces draps ne te connaissent pas.
De mes oreilles s’évaporent les mots qui ont migré de ta bouche,
Vaporeux et flottants, glissant dans des tunnels curvilignes
Qui se jettent dans ma poitrine absente, si éloignée de toi.
L’invocation est en vain,
Les placards du sentiment attendent impassibles dans le lointain
Où mes mains ne peuvent pas ouvrir leurs portes,
Où mes doigts ne peuvent pas toucher ta peau.
Tu deviens un vieux port de nostalgie,
Parfumé de reflets cuivrés et d’aubes tièdes.
Pas une seule bouche ne me parle de toi
Et je n’imagine pas leurs paroles non plus.
Je danse dans un exil austère.
Des vers entiers m’échappent et se submergent dans l’oubli,
Dans la sécheresse du désert glacé qu’est devenu mon corps.
Je te garde, tu remues, tu es vivant en moi
Sous des plafonds verts qui murmurent tes chants.

Et puis il y a un balcon, d’où je regarde.

Dans le gouffre de ton regard résonnent sans distance les échos gutturaux de…